Dix-huit ans et demi, et toute la vie devant moi me dira-t-on. Ce soir, j'ai du mal à réaliser tout ce qui s'est passé ces derniers temps, oui, ça allait mieux, oui, je reprenais le dessus, et pourtant... Dix-huit ans et demi, durant lesquels je n'ai jamais manqué de quoi que ce soit. J'avais des parents qui s'aimaient plus que tout, des frères tellement indispensables, des amis, une école, une éducation, une passion dans laquelle je m'épanouissais... Et un jour, comme ça, et bin le destin décide que c'est ton tour, que c'est à toi de souffrir, mais en silence s'il te plait. Il y a eux, qui se déchirent devant moi, et pour lesquels je ne peux rien faire, à part être là, écouter, et me sentir impuissante. Il y a Celles qui me manquent tellement chaque jour, et que j'aime tellement. Il y a Celles avec qui je partage ma passion, qui me redonnent l'envie de me battre à chaque épreuve. Il y a eux, qui me font mourir de rire chaque jour, il y a Elle, La mort, qui te prend ceux que tu aime le plus au monde, Il y a mes Winx, que je découvre de jour en jour, et avec qui la vie au lycée est plus facile, Il y a Elle, qui est ma deuxième Maman, et en qui j'ai une confiance aveugle, Il y a Elle aussi, que j'ai retrouvé après tant de temps... Et le Bac, ce pourquoi je continue à me battre, je ne sais même pas pourquoi je continue d'ailleurs. Ce soir j'ai le coeur vide, et je me sens tellement seule. J'ai voulu t'appeler, mais je sais qu'en ce moment, il vaut mieux que je t'épargne mes petits coups de Blues, t'en as déjà bien assez.... Il y a Lui, qui après tellement d'années est réapparu dans ma vie, d'une autre façon, je crois que c'est la bonne. Alors j'écris, ouais ça fait du bien d'écrire, ça évacue les larmes. Il paraît qu'il faut que je craque de temps en temps, il paraît que ça me fait du bien. En tout cas, la réalité m'a frappée en pleine face, c'est dur de se réveiller, c'est dur aussi de passer d'un extrême à l'autre, c'est dur de grandir, de devoir faire des choix, de prendre des responsabilités, de ne plus compter sur ses parents tellement présents jusqu'à aujourd'hui. On était tellement bien... Pourquoi Nous? Comme ça, du jour au lendemain, sans explication? L'interrogation reste entière, et je n'arrive pas à trouver des réponses à mes questions. Pourtant j'essaie. Je me suis repassé le film de ma vie des centaines de fois dans ma tête, mais je ne trouve pas l'erreur. Peut-être un jour, qui sait? Je m'accroche à ce que j'ai, je pense à Moi, je me blinde et j'essaye d'anticiper pour souffrir le moins possible. Il va me falloir du courage, car je ne fais que débuter mon parcours dans le monde des "grands". On a le droit de craquer, mais il faut aussitôt reprendre le dessus.
Sur ce, bonne nuit.
Pix: Mes 15ans.